mardi, 08 mars 2011 22:59

Travail

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Les matériaux utilisés pour la presse sont considérables et infini.
Mais avant toute chose, l'unique préoccupation est de respecter l'environnement.

Ne pas presser d'espèces protégés dans la nature (elles sont très souvent présentes en cherchant bien chez les professionnels qui les reproduises souvent croisées,hybridées donnant un résultat souvent amélioré par leurs robustesses ainsi que l'intensité de la couleur.
Tout coin de verdure, de jardin, de bois deviens des fournisseurs.
Mon œil scrute la moindre feuille avec un coloris particulier ou d'une forme originale. La découverte de nouvelles variétés une fois installé dans la presse excite ma curiosité quand au résultat. J'approfondis aussi ainsi ma connaissance de la botanique.
Les bois, les prairies, les bords des chemins et des haies me procurent beaucoup de matières premières. J'essaye tout, testant lichens, tiges floconneuses, tiges en spirales, écorces, capitules de toutes formes, ombelles...
Les endroits d'ombrages recèlent mousses, lichens, et même des champignons qui peuvent être incorporés dans des compositions et fournisses ainsi des épaisseurs, du relief, du mouvements au tableau. C'est là aussi que je puise dans l'univers des fougères de la petite asplenium très fine au cetarach un peu zigzaguant, de la grande polystichum découpées comme une dentelle à la grande langue de cerf.
Haies, prairies, champs me fournissent aussi beaucoup en organes fructifères c'est à dire en tête florales une fois la floraison passées. Tous varient considérablement comme les monnaies du pape qui sont bien connus par leurs fruits ronds dans lesquels une fine membrane de couleur nacre scintille au soleil. Les aigrettes de la clématite des bois d'un duvet si fins et de la fleur de lierre à la forme très originale une fois écrasé par la presse et ressemblant a une roue de vélo.
L'essentiel des plantes sauvages que je récolte sont cités plus haut, il me faut rajouté toutes les feuilles une matière infini de par leurs formes,textures et teintes.
Je récolte par contre très peu de fleurs sauvages. Quelques unes quand même comme le petit perce neige indicateur de la nature qui se réveille après l'engourdissement de l'hiver, la petite pâquerette, le muscari,la petite primevère, les grandes marguerites des champs, les hellébores des bois, et les nombreuses euphorbes présentes partout.
Les fleurs sauvages une fois pressées beaucoup d'entre elles ont la malheureuse idées de pâlir, de sombrer, de virer comme pour nous rappeler l'environnement sensible d'où nous venons aussi.
L'essentiel des fleurs avec lesquelles je travaille sont achetées, semées, bouturées et que j'élève patiemment et impatiente aussi de savoir si telle nouvelle fleur tiendra ses promesses quand à ses somptueuses couleurs et surtout de sa tenue dans le temps.
Les croisements, les hybridations ont fait varier la palette des couleurs dans de nombreuses familles de fleurs. Assez puriste en ce qui concerne la nature, j'essaye de transformer le moins possible ce qui m'est donné,la recherche de la couleur rare étant plus passionnante que la reteinte banale des végétaux comme ont peut le voir parfois. Un des moments les plus excitant est comment se révélera tel plante lorsqu'elle sortira de la presse . Parfois la beauté de la fleur se délitera et il y aura de la déception, mais parfois aussi la fleur la plus banale dans sa fraicheur se révélera d'une pure merveille insoupçonnée et c'est la bonne surprise avec l'envie de l'essayer très rapidement dans une composition.
La préservation de la couleur, la netteté de son particularisme (sa finesse, ses nervures, ses poils) dépend de la rapidité entre la cueillette et la fermeture de la presse. C'est pour cela que dans la mesure du possible je prends ma presse avec moi pour la récolte et ensuite la stocke dans un endroit sec et chaud. Il ne me reste plus qu'a attendre l'œuvre du séchage. Après quelques jours à plusieurs semaine selon la constitution des tissus.
Quand j'ouvre une presse c'est a chaque fois un plaisir de pouvoir contempler un moment très éphémère que je préserve:la floraison; Chaque fleur restant figés dans leurs beautés épanouies afin de s'offrir sans fin aux regards contemplatifs, leurs fragiles beautés étant conserver. C'est une lutte gagné contre le temps qui passe.

Lu 756 fois Dernière modification le jeudi, 23 août 2012 10:29
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